Témoignages

Valentin MONTMIRAIL, Doctorant en Intelligence Artificielle

Formation

DUT Informatique à Lens (62)
Cycle Ingénieur Polytech Tours, Informatique, promotion 2015

Entreprise/Collectivité

Centre de Recherche en Informatique de Lens, Université d’Artois.

Description du poste

J’ai obtenu mon diplôme d’ingénieur informatique à Tours en 2015. J’ai donc pu poursuivre mes études en thèse au Centre de Recherche en Informatique de Lens (CRIL).Mon domaine de recherche se situe dans le raisonnement automatique et plus précisément dans la résolution pratique de formules en logique modale.Le but de la recherche est d’être capable de découvrir des choses nouvelles. C’est un but ambitieux, il est donc impensable de vouloir réaliser cela seul sans aucune aide et sans se tenir au courant de ce que font les autres chercheurs dans le monde.

C’est un métier assez étrange qui demande d'être à la fois, très pragmatique et d'être capable de fournir des résultats précis, vérifiables par tous et surtout nouveaux (il faut donc lire énormément d’articles relatifs à ce que font les autres chercheurs dans le monde afin d’être au courant de toutes les nouveautés). Il faut être capable de mettre par écrit nos résultats dans des articles de recherche qui vont être relus et commentés par les spécialistes du domaine ainsi qu’être capable de présenter ces résultats au sein de conférences que ce soit en France ou à l’international. Mais, pour être capable de fournir des choses nouvelles, il faut aussi avoir l’esprit un peu artiste et être capable de faire des liens entre des choses qui n’avaient jamais été liées entre elles.Tout ceci résume donc un peu en quoi consiste une journée type.

 

Travail au quotidien

Je lis énormément d’articles de recherche afin d’avoir une vision assez globale de comment avance la recherche dans mon domaine. Il serait un peu long d’expliquer en quoi consiste le raisonnement en logique modale ici, mais pour faire simple mes travaux cherchent à faire en sorte qu’une machine soit capable de prendre des décisions en fonction des connaissances que les agents ont autour d'elle. Prenons un exemple simple : Le Cluedo. Aujourd’hui, il est facile de faire comprendre à la machine que “Le joueur 1 a la carte ‘chandelier’”, le joueur 2 n’a pas la carte “Colonel Moutarde”. La machine est même déjà capable de faire des déductions SI “Le joueur 1 a la carte ‘chandelier' ALORS le Joueur 2 n’a PAS la carte 'chandelier’". Seulement (et c’est un peu l’intérêt de mes travaux en thèse) il est extrêmement difficile de faire comprendre à la machine que “Le Joueur 1 pense que le Joueur 2 a la carte ‘Colonel Moutarde’” et sans ce formalisme et cette compréhension des connaissances, impossible de faire une IA capable de réfléchir en fonction de la connaissances des agents autour (dans ce cas, si l'on imagine une partie qui se joue entre l'ordinateur et un humain, nous aurions donc 2 agents). Nous développons donc des méthodes et des outils afin d’être capable de fournir cette compréhension à la machine afin qu’elle soit un jour capable de prendre des décisions en fonction des connaissances que les agents (les autres joueurs dans le cas du Cluedo) ont autour d’elle.Pour développer ces méthodes et outils, nous travaillons de la manière suivante : nous posons des hypothèses d’une méthode qui nous semble pertinente. On réalise des expérimentations afin de voir si en pratique, cette méthode fonctionne vraiment. Puis nous fournissons aux autres chercheurs du monde entier, un article résumant nos hypothèses et nos conclusions. Nous voyageons ensuite dans le monde entier afin de venir les présenter dans des conférences. A côté de ces recherches, j’ai aussi la chance d’être enseignant auprès des DUT Informatique de l’IUT-de-Lens, où j’enseigne la programmation en C/C++ ainsi que les structures de données. Ces enseignements me forcent à me tenir à jour quant aux besoins des entreprises afin de montrer aux élèves les outils et méthodes pour être performants.