Témoignages

Maxime LE CANU, Ingénieur en intégrité du signal et Compatibilité Electromagnétique

Formation

CPGE TSI au lycée Chaptal (Saint Brieuc)
Cycle Ingénieur Polytech Paris UPMC, Electronique et Informatique, promotion 2012

Entreprise/Collectivité

Thales Communications et Security, à Cholet (3 ans d’ancienneté)

Description du poste

En électronique, on apprend tous que les ordinateurs ne travaillent qu’avec des 0 et des 1 (le langage binaire). Or dans la réalité, ces 0 et 1 sont des signaux électriques échangés entre des composants électroniques, et qui peuvent être déformés pour de multiples raisons (phénomènes électriques, électromagnétiques ou encore thermiques). Il faut malgré tout que les informations soient échangées correctement entre les différents composants de la carte pour que tout fonctionne.

Voici un exemple de ce que l’on pourrait imaginer envoyer comme information (en vert), et de ce qui est réellement visible sur une carte qui n’a pas été conçue correctement (en rouge) :


Ce type de déformation du signal peut entraîner un mauvais partage d’information, et donc potentiellement un défaut de fonctionnement (exemple possible : PC ou smartphone qui ne démarre pas correctement, ou qui se bloque).

Mon métier consiste à participer à la conception des cartes électroniques pour m’assurer qu’aucun problème de ce type ne se présente dans les produits finaux. Pour cela, j’effectue au quotidien différentes tâches :

  • Simulations électronique des dernières technologies du marché (PCIexpress, HDMI, SATA, DDR4, …) pour vérifier que leur utilisation est viable pour des produits de radio militaire devant fonctionner plusieurs dizaines d’années.
  • Choix des technologies de fabrication des circuits imprimés (matériau utilisé, nombre de couches,…) à mettre en place sur chaque carte pour assurer la possibilité d’acheminer tous les signaux entre les composants, tout en optimisant la place disponible.
  • Etude de la stabilité des alimentations des composants tels que les microprocesseurs pour assurer leur fonctionnement dans toutes les conditions.
  • Simulations 3D des cartes pour vérifier l’absence de problème de perturbation électromagnétique entre les signaux.
  • Mesures de signaux jusqu’à plusieurs GHz sur les cartes pour vérifier, après fabrication, que les signaux sont conformes aux simulations.

 

Je participe à toutes les phases de conception d’une carte électronique : schéma, choix du placement des composants sur la carte, et suivi du routage des signaux entre les composants. 
Ce que je trouve passionnant dans ce métier est qu’il me permet de toujours travailler sur les dernières technologies pour concevoir des cartes électroniques permettant de rester le meilleur sur le marché. De plus, je suis amené à effectuer des tâches très variées, en interface avec de multiples interlocuteurs (concepteurs électronique, mécanique, ingénieurs en production, fabricants de cartes électroniques,…).
J’ai également la chance de faire partie du groupe Thales, leader en électronique, et ayant une dimension internationale. Ceci permet d’envisager, suivant les profils, des évolutions vers des multitudes de métier (expertise électronique ou radio, développement logiciel, conception mécanique des produits, gestion de projets, gestion de laboratoires), et ce en France comme à l’étranger.

Autre information utile : J’ai découvert le domaine de l’intégrité du signal durant mon stage de fin d’étude, effectué dans la société General Electric (conception de systèmes médicaux). Mon stage consistait à l’époque à étudier ce genre de problématique, en programmant un composant numérique appelé FPGA (Field Programmable Gate Array).
La programmation FPGA est un des sujets majeurs que j’ai appris durant mon cursus à Polytech Paris-UPMC, et qui consiste à coder des fonctions électroniques (calculs mathématiques, gestion d’interfaces de communication, …) qui sont ensuite traitées par ce composant.
Cette introduction à l’intégrité du signal m’avait alors particulièrement marqué, et je me suis toujours dit que j’aimerais approfondir ce sujet dans les années à venir.
Suite à ce stage, j’ai naturellement commencé par un poste de développeur FPGA, étant donné que c’est un des domaines majeurs de ma formation. Puis, après 1 an et demi à travailler dans ce domaine, j’ai fait part à mon manager de mon souhait de réorientation. Un poste dans le laboratoire associé était effectivement à pourvoir à l’époque, ce qui fait que six mois plus tard j’intégrais le laboratoire d’expertise en Intégrité du Signal pour y démarrer ma nouvelle carrière.
Il ne faut donc surtout pas penser que votre premier métier en tant qu’ingénieur est le seul que vous pouvez effectuer. La force d’un cursus ingénieur est que suivant vos souhaits et les opportunités, de multiples choix de carrière sont imaginables.