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Portrait : Loïck Kalioudjoglou, diplômé de Polytech Nantes et étudiant-entrepreneur

Loïck Kalioudjoglou est devenu étudiant entrepreneur après l'obtention de son diplôme en Thermique Énergétique en 2015. Il porte aujourd'hui un projet low tech, Enerlog, qui repose sur la création d'un chauffage thermique solaire à air chaud. Il revient pour nous sur son parcours.

Quel est votre parcours de formation ?

Je suis ingénieur Thermicien-Energéticien. J'ai commencé ma formation d'ingénieur en TE en 2012 à Polytech Nantes (dont j'ai été diplomé en 2015) avant de poursuivre en doctorat CIFRE entre 2016 et 2019 au laboratoire de Thermique et Énergie de Nantes et en collaboration avec l'entreprise Naval Group (ex-DCNS) sur la modélisation des phénomènes d'ébullition au sein des générateurs de vapeurs. Suite à cette expérience je me suis lancé dans une démarche entrepreneuriale en créant un projet sous le nom d'Enerlog.

 

Présentez-nous Enerlog en quelques mots ?

Enerlog c'est un projet qui vise à accompagner les transitions vers plus d'autonomie et de résilience sur le plan de l'énergie. Ça passe par de la vulgarisation scientifique et par le développement de solutions d'équipements low-tech plus écologique. Aujourd'hui, on travaille sur le développement d'un chauffage solaire aérothermique qui permet de réduire de 25% l'énergie consommée par un habitat de 40m².

Le projet s'articule en SCIC (Société coopérative d'intérêt collectif) dans laquelle s'investissent 4 membres actifs (Vincent, Jonathan, Nicolas et moi-même) et une équipe de bénévoles qui travaille sur la communication, les ateliers manuels, l'électronique...

On peut s'investir en tant que bénévoles dans la structure comme dans une association classique.

Qu'est-ce qui vous a amené à entreprendre ?

Je crois que c'est avant tout un souhait de m'investir dans un projet qui tient compte de l'impact humain sur l'environnement. Il y a un vrai challenge à montrer que l'on sait exercer le métier d'ingénieur dans une approche de décroissance énergétique et innover avec les nouvelles contraintes imposées avec les crises écologiques et sociales à venir.

En plus de répondre à mes valeurs, créer une activité me permet d'exprimer ma créativité et mon imagination.

Pourquoi avoir choisi le statut étudiant-entrepreneur ?

Le statut étudiant-entrepreneur m'a permis de rencontrer des personnes, d'avoir un réseau plus diversifié et ainsi créer des opportunités que je ne soupçonnais pas. Je cherchais à avoir un cadre dans lequel faire émerger mon projet : l'accompagnement humain, le contact avec d'autres entrepreneurs, les échanges avec des experts... Cela m'a également permis d'avoir un point de vue extérieur pour me remettre en question.

Parlez-nous de votre projet de chauffage solaire à air chaud ?

À l'image du récit proposé par le projet Paleo-Energétique (https://paleo-energetique.org/), qui réinvente l'histoire de l'énergie, toutes les innovations existent déjà ! Le chauffage solaire à air chaud est une solution qui existe depuis les années 1970. Je n'ai fait que me réapproprier les travaux, utiliser la littérature scientifique du sujet et proposer des projets aux personnes intéressées par un chauffage écologique qui peut être réalisé facilement.

Le fonctionnement est assez simple; tout d'abord, le rayonnement solaire fait monter des ardoises en température grâce à un effet de serre. De l'air est prélevé à l'intérieur de l'habitat puis injecté dans le bas du panneau (situé à l'extérieur de l'habitat). L'air se réchauffe ensuite au contact des ardoises avant d'être réintroduit dans l'habitat par le haut du panneau.

 

Quels sont vos projets professionnels pour la suite ?

Nous allons approfondir la R&D du chauffage solaire aérothermique pour mieux documenter, certifier des performances et montrer la cohérence de ces solutions de chauffage écologique par rapport à des solutions classiques plus émettrices de CO2. Nous allons également proposer des stages d'auto-construction du chauffage solaire et commercialiser cet équipement.
On envisage également de travailler sur d'autres solutions énergétiques malheureusement encore trop peu connues comme les échangeurs Jean-Pain et le poêle de masse. Mais chaque technologie demande du temps et de l'investissement donc on avance pas à pas.

 

Un message à faire passer aux étudiants du réseau Polytech ?

J'ai eu l'impression que si je continuais pendant quelques années à m'habituer aux conditions de rémunération d'un ingénieur "classique", j'aurais du mal à me lancer dans un projet d'entrepreneuriat. Si l'on a envie de se lancer dans un projet d'entreprenariat éco-responsable, il vaut mieux se lancer assez vite tant que l'on est habitué à un confort de vie plus rudimentaire. Au-delà de cet aspect pratique, je dirais que la thèse de doctorat est également une super voie pour se former à la gestion de projet : mener 3 ans un projet de bout en bout ça apporte de la résilience !

Pour les ingénieurs en quête de sens, n'hésitez pas à rejoindre les réseaux déjà actifs : Ingénieurs Engagés, APALA (association nantaise), les antennes low-tech Lab. Il y a déjà plein de personnes qui se bougent pour essayer de proposer un monde plus soutenable.


 


Le 3e prix Pépite des Pays de la Loire 

Grâce à son projet Enerlog, Loïck a remporté la troisième place du prix Pépite Pays de la Loire d'une valeur de 2000 €. Son gain va lui permettre "de développer l’aspect communication afin de valoriser Enerlog."

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